
« Le basket français m’a tout donné »
À 37 ans, Nicolas Batum poursuit sa carrière avec les Los Angeles Clippers où il dispute sa dix-huitième saison NBA. 177 fois sélectionné en équipe de France, dont il fut capitaine de 2018 à 2024, sept fois médaillé avec les Bleus (un record), il cultive un rapport fort et précis au basket français. « Le basket français m’a tout donné. C’est normal de continuer à suivre ce qui s’y passe. »
Caen, un club qu’il n’a jamais quitté des yeux
« Caen, ça restera toujours spécial. C’est là que tout a commencé pour moi (il y a joué de 2001 à 2003 chez les jeunes). Je regarde ce qu’ils font, les résultats, la progression. Il y a des gens que je connais encore très bien là-bas. » Nicolas Batum n’a pas oublié son investissement en tant que dirigeant, dès la Nationale 2, avec des joueurs comme Philippe Da Silva, Camille Eleka et Etienne Plateau.
Le Mans, une école de rigueur
« Le Mans, c’est là où j’ai vraiment compris ce qu’était le très haut niveau en France. Je trouve qu’il y a une vraie identité, quelque chose de cohérent. » Il souligne l’importance de profils capables de faire le lien dans un effectif, comme Vincent Loriot : « Ce sont des joueurs importants, des mecs qui comprennent le jeu et le projet. Pour un club comme Le Mans, c’est essentiel. »
« Je n’aurais pas joué à Cholet »
Parler du Mans, c’est aussi évoquer la rivalité avec Cholet Basket, que Nicolas Batum assume avec un brin d’humour. « Non, je n’aurais pas joué à Cholet », glisse-t-il en souriant, manière de rappeler que ces oppositions locales marquent durablement l’identité d’un joueur. « Quand tu viens du Mans, ce sont des choses qui restent. »
Nancy, une étape à part
Le SLUC Nancy occupe une place singulière dans les souvenirs de Nicolas Batum, qui y évolua en 2011, pendant la période de « lock-out » NBA (blocage des rencontres en raison d’un échec des négociations salariales entre syndicat des joueurs et patrons des franchises américaines), alors qu’il portait le maillot de Portland.
« Nancy, c’était très fort. C’était intense. Tu sentais que le basket comptait vraiment pour les gens. » Aujourd’hui encore, il continue de suivre le SLUC avec un regard lucide, conscient des difficultés rencontrées par les clubs historiques. « Ce n’est jamais simple de se stabiliser, surtout pour des clubs avec une telle histoire. »
L’attachement au basket régional
« Je regarde encore la Nationale 2, la Nationale 3, et même la Prénationale. »
Pont-L'Évêque Basket reste un repère affectif fort. « Pont-l’Évêque, c’est là où j’ai commencé. Forcément, ça marque. « Sans ces clubs-là, il n’y a pas de filière. C’est la fondation de tout. Je regarde aussi les filles, bien sûr. » Parmi les joueuses françaises, la Marine Johannès, qui a débuté comme lui à Pont-L’Evêque, retient particulièrement son attention. « Ce qu’elle fait, c’est exceptionnel. Elle a une créativité, une liberté que peu de joueurs ont. »