
-By Yann Ohnona

Alors que l'AS Monaco attend toujours le résultat de l'audience de conciliation passée devant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) mardi, qui décidera de son avenir en Betclic Élite et peut-être de sa survie, son avocat, Me Xavier Le Cerf Galle, a souhaité réagir aux mises en causes parues dans ces colonnes.
Accusé d'avoir écarté le projet porté par le Monégasque Romain Goiran et l'homme d'affaires Benjamin Erisoglu autour de la figure de Ronaldinho (finalement remplacé par un industriel international), non conviés à la visioconférence du CNOSF mardi, Le Cerf Galle, conseil de la Roca Team et de son directeur exécutif, Oleksiy Yefimov, pointé du doigt pour un conflit d'intérêts supposé avec la Direction nationale du conseil et du contrôle de gestion (DNCCG), a répondu point par point.
Sur l'absence du projet « Ronaldinho » à l'audience du CNOSF
« Promesses non documentées » et « auto-certification irrecevable »
L'homme d'affaires choletais Benjamin Erisoglu, l'une des figures du plan de reprise autour de la légende du foot brésilien, estime que son camp a été « boycotté » de l'audience au CNOSF, mardi, à 14 heures, visio à laquelle ils n'ont pas pu assister, attendant un lien jamais arrivé, au prétexte qu'il aurait manqué un document pour valider leur présence, arrivé au-delà du début de l'audience. « Le problème ? Il est simple, c'est qu'on ne voulait pas garder M. Yefimov, responsable d'un dépôt de bilan avec le club, dans la nouvelle société », estime Erisoglu, affirmant que son camp disposait d'un NDA (accord de confidentialité), d'une LOI (lettre d'intention) et d'une caution bancaire. Version contestée par l'ASM.
Xavier Le Cerf Galle : « À l'ouverture d'une audience au CNOSF, il faut tous les éléments sur lesquels on fonde le recours. Ce dernier datait du 12 août et sa base était le projet de Jamal Mashburn (nous avions une clause d'exclusivité jusqu'au 19). Une fois la réunion ouverte, la présidente a rappelé qu'on ne pouvait plus communiquer aucune pièce. Ne participaient que la FFBB - représentant la Ligue -, l'AS Monaco et ses conseils. De là, tout était à huis clos, avec des échanges soumis au secret.
Je ne peux commenter le contenu de la réunion, mais l'objet était de démontrer que le club, même sans nouvel investisseur, pouvait monter un budget normal en Betclic Élite et qu'il était stable économiquement. Ce n'est qu'à l'issue de ces débats que j'ai pris connaissance, à 16 h 30, d'un email de 15 h 05 d'un avocat azuréen m'envoyant une LOI provenant d'un industriel. Des éléments nouveaux inexploitables pour raison matérielle, car reçus au-delà de 14 heures.
Mais d'une, le document n'était pas signé du club monégasque, dont les représentants étaient indisponibles car à la visio, et de deux, il n'était accompagné d'aucune preuve de mise à disposition des fonds. Or depuis le 20 juillet, la section financière de la chambre d'appel de la Fédération exige que le club fasse démonstration d'un dépôt de 5 millions d'euros sur ses comptes et d'une garantie bancaire émanant d'une institution reconnue.
Il aurait été contre-productif de présenter des promesses non documentées au CNOSF vu l'urgence de la situation. M. Erisoglu a le droit d'avoir un projet, mais il connaissait l'équation - 5 millions sur le compte du club ou un compte séquestre, ainsi qu'une garantie bancaire en bonne et due forme. Si j'avais eu ces éléments, j'aurais tout fait pour en faire cas auprès du CNOSF, même après l'audience, pour qu'ils en tiennent compte dans leur délibéré. Mais nous n'avons eu qu'une lettre d'auto-certification de leur capacité financière. C'est irrecevable. Tout le reste, ce que j'ai pu lire dans vos colonnes, n'est que de l'agitation. »
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« Jusqu'à preuve du contraire, il est le seul à avoir mis de l'argent »
Dans son réquisitoire contre l'AS Monaco, Benjamin Erisoglu, président du futur organigramme dans le projet de reprise qu'il représentait, est allé plus loin, visant ce qu'il estime être un conflit d'intérêts entre le directeur exécutif de l'AS Monaco, Oleksiy Yefimov, et la DNCCG. « Essayent-ils vraiment de sauver le club ? Je ne le crois pas », a-t-il notamment fustigé. « Pourquoi n'avons-nous jamais reçu de lien ? Je n'ai pas peur de le dire. Parce que M. Yefimov est ami avec le patron de la DNCCG (Patrick Hianasy). Ce dernier a d'ailleurs essayé de nous contacter dimanche, en pleine instruction. Donc si tout ça est normal... On est dans un pays de droit, non ? Ce qu'on réclame aujourd'hui est juste d'être écouté par le CNOSF, comme cela était prévu, pour présenter notre dossier. » Là encore, de manière prévisible, l'avocat de l'AS Monaco, Me Le Cerf Galle, récuse.
Xavier Le Cerf Galle : « En tant que président de la DNCCG, et selon les règlements du Code du sport, M. Hianasy a un pouvoir d'investigation, et peut donc interroger qui bon lui semble, quelqu'un au club, moi-même, un candidat actionnaire... Contacter un repreneur potentiel me semble une obligation pour lui, il est dans son rôle.
Quant à un éventuel conflit d'intérêts de M. Yefimov, jusqu'à preuve du contraire, il est le seul à avoir mis de l'argent - personnel - dans le club, à hauteur de 1 million d'euros, pour faire tenir la trésorerie en attendant - si le club est maintenu dans l'élite - que l'argent des sponsors et les recettes d'abonnements rentrent dans les caisses. Il a cédé toutes ses actions moyennant 1 euro symbolique, et n'a gardé qu'une action. Il reste au Conseil d'administration, en tant qu'administrateur délégué a minima pendant cette période de transition. Mais il peut en être exclu à tout moment. Il n'y a donc pas de résistance de sa part, pas de conflit possible. »