
-By David Loriot

Forcée de revoir ses plans et ses ambitions à la baisse, l'Asvel a lancé sa reprise mercredi dernier, dans la foulée d'un été chahuté, avec un collectif pas encore au complet, mais une motivation renforcée et la volonté affichée par Tony Parker et ses hommes de rester groupés.
Fin juin, Tony Parker avait posé les ambitions de l'Asvel : un budget de 59 M€ digne des grands d'Euroligue, des cadors sur le rectangle (Francisco, Theis, Brooks, Weiler-Babb) et la famille Buss en approche pour élever son club dans une autre dimension. Puis la Direction nationale du conseil et du contrôle de gestion (DNCCG) est passée par là, un fonds malaisien, IBH, n'a pas plu à tout le monde, et le beau château s'est écroulé sur ses fondations, son président se retrouvant forcément touché dans sa crédibilité.
Retour forcé à « l'ordinaire », avec un budget de 24 M€ tout de même. Mais surtout nécessité de rebâtir une équipe du sol au plafond en quelques semaines pour répondre au défi et calmer sur l'exercice à venir le feu des critiques. C'est ainsi que Parker et son staff ont lancé, mercredi dernier, le premier entraînement collectif de l'Asvel 2026-2027, en mode frondeur et batailleur.
À la sortie, « TP » aiguisait les crocs : « C'est un groupe super motivé, qui matche ma motivation, parce que moi, je suis plus motivé que jamais, clamait ainsi le président-coach du club villeurbannais. On est vraiment soudés. Ce qu'il s'est passé cet été a créé ce sentiment : on va aller à la guerre tous ensemble ! On est dans la bulle. On laisse les gens parler et on verra à la fin de la saison. Il faut qu'on travaille, qu'on mette nos process, notre culture en place et, petit à petit, ça va porter ses fruits. »
Cependant, le temps n'est plus un allié. Même si, au regard du règlement de l'Euroligue, l'Asvel ne pouvait pas entamer l'entraînement collectif avant le 19 août, il manquait pas mal de pièces au puzzle reconstitué en express, mercredi, pour la reprise à la Tony Parker Adéquat Academy. Ainsi, Patty Mills, Myles Cale et Jae Crowder n'ont pas encore posé le pied sur le sol lyonnais et le duo Yves Pons-Both Gach est actuellement sous bannière nationale.
Mais les choses se mettent en place et l'effectif est quasiment au complet. David Lighty a été confirmé dans ses fonctions de joueur pour la saison prochaine : « Je ne peux pas contrôler tout ce qu'il se dit, mais c'était acté depuis le début qu'il ferait une dernière année chez nous », avise Parker. Hugo Besson, lui, est venu officiellement s'ajouter à l'effectif, tandis que les deux postes 1, TyTy Washington et Tremont Waters, sont au portillon de l'équipe. Enfin, si Monaco ne repart pas en Betclic Élite, Mathis Dossou-Yovo - « un profil très intéressant, un joueur qu'on aime beaucoup », admet « TP » - devrait être le sixième JFL (joueur formé localement) du club.
Bientôt un accord avec les frères Buss ?
En quelques semaines, le club villeurbannais a tenté de combler au mieux et au plus vite le trou de frustration, tout en continuant de fixer la haute ligne d'horizon. Car, pour Parker, l'objectif n'a pas changé. La « big picture », comme il l'appelle, reste la même et les contours de la future Asvel semblent même s'affiner assez vite ces derniers jours. « Le plus important, c'est que l'on réussisse le projet global. Je n'ai aucun doute qu'on va finaliser », indique-t-il, sans s'étendre sur le sujet, bordé par des clauses de confidentialité.
Mais il semble assez clair aujourd'hui que les frères Buss, Joey et Jesse, sont en premières lignes pour racheter la majorité des parts. Leur intérêt pour le club rhodanien est avéré. De passage à Lyon la semaine dernière, la fratrie a d'ailleurs fait le tour du propriétaire. « Je ne peux pas rentrer dans les détails, mais ça s'est très bien passé », glisse seulement Parker. Reste maintenant à trouver un accord financier, que les actuels actionnaires de Villeurbanne aimeraient situer à la vente autour des 100 M€. Un accord pour la fin septembre n'est pas inenvisageable.
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En attendant, Parker a surtout coiffé cette semaine sa casquette de coach, avant un premier « scrimmage » face à Saint-Chamond, le 28 août. « Je veux créer de bonnes habitudes, en attaque et en défense », résume l'ex-meneur des Spurs, qui a consenti une grosse diminution de salaire (d'un peu plus de 1M€ annuel évoqué sur le format XXL à 59 M€ de budget à environ 200 000 euros) pour conserver l'entièreté de son staff. « C'est important que tout mon coaching staff soit là. Il n'a pas à subir ce qu'il s'est passé », justifie-t-il.
Mercredi dernier, à ses côtés, Vincent Collet était là, dans une association qui a ravivé les souvenirs. « Ça me rappelle nos années en équipe de France où on avait une relation privilégiée, meneur-coach, raconte l'ancien capitaine des Bleus. Cela arrive au bon moment pour lui, comme pour moi. On a gagné beaucoup de choses ensemble. J'espère qu'on pourra continuer. » Mais avant de rêver à nouveau, l'Asvel devra livrer bataille.