
-By Sami Sadik

La cloche a retenti vendredi en milieu d'après-midi pour sonner la fin du troisième round de l'été et renvoyer Monaco dans les cordes. Après le refus d'engagement en Betclic Élite et en Élite 2 prononcé par la Direction nationale du conseil et du contrôle de gestion (DNCCG), le 3 juillet, puis confirmé par la chambre d'appel fédérale le 1er août, c'est le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) qui a encore barré la route du monde professionnel à la Roca Team.
L'instance avait entendu le champion de France en titre dans une audience de conciliation mardi après-midi. Mais elle lui a finalement proposé de se réconcilier avec la décision prise en appel, soit d'acter que le club du Rocher ne pourra pas défendre sa couronne et rebondira au mieux en Nationale 1.
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Le verdict a fait chuter la température en Principauté, comme les deux premiers rounds, perdus par K.-O. avec le plan de reprise de l'ex-joueur NBA Jamal Mashburn pas au point en juillet et incapable de verser l'argent nécessaire en août. Cette fois, le détenteur des quatre titres nationaux attribués en 2025-2026 - Supercoupe, Leaders Cup, Coupe de France, Championnat - avait trouvé son investisseur, un industriel « de dimension internationale » dans l'agroalimentaire. « Il s'est engagé à mobiliser 10 millions d'euros pour la saison 2026-2027 », rappelait Monaco dans un communiqué.
Le CNOSF pas compétent pour analyser des éléments nouveaux
Le mystérieux mécène était celui annoncé mardi par Benjamin Erisoglu, dans le cadre du projet porté depuis un mois avec le Monégasque Romain Goiran et l'ancien Ballon d'Or brésilien Ronaldinho, pour l'instant hors du jeu. Mais alors que la Roca Team envoyait encore des documents jeudi au CNOSF, l'instance a rappelé une règle de droit formelle, déjà fatale aux Girondins de Bordeaux mi-août. Saisie en tant que conciliateur, elle ne peut pas apprécier des éléments nouveaux et doit s'en tenir au projet de reprise présenté en appel. Soit un projet mort-né avec la sortie du jeu de Mashburn qui a filé à l'anglaise en début de semaine, sans avoir versé l'argent espéré.
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Le CNOSF - qui a tardé à communiquer vendredi - a donc recommandé de s'en tenir à la décision prise en appel et renvoyé la balle à la Fédération française de basket (FFBB) pour confirmer la sortie monégasque des deux premières divisions. Mais Monaco a gardé les gants et décidé de retourner sur le ring pour une quatrième reprise. Reste à choisir le terrain. Le finaliste de l'Euroligue 2025 dit avoir saisi le bureau fédéral pour réexaminer en urgence sa situation, sur le fond cette fois. « La décision du 31 juillet reposait avant tout sur les incertitudes entourant la situation du club et sa capacité à garantir la continuité de son exploitation en 2026-2027. Depuis, des évolutions majeures sont intervenues et sont désormais étayées par des documents précis et vérifiables. Nous ne demandons pas que les règles soient modifiées pour l'AS Monaco, mais qu'elles soient appliquées à l'AS Monaco telle qu'elle se présente aujourd'hui », plaide la Roca Team dans son communiqué.
Le bureau fédéral, espoir ou mirage ?
De source monégasque, le club aurait restructuré 70 millions d'euros de dettes et serait déjà assuré d'au moins trois millions d'euros entre promesses de dons, indemnités de transfert de plusieurs joueurs et partenariats. Sans compter un premier virement de son nouvel investisseur. « Si le bureau fédéral est saisi, il répondra », glissait-on à la FFBB vendredi, tout en rappelant que l'article 925 - cité dans le communiqué de l'ASM - sur la possibilité du bureau d'ordonner un réexamen en chambre d'appel « ne s'applique pas dans les dossiers financiers ».
En cas de réponse négative, la Roca Team n'aura plus que deux options : accepter son sort et demander son inscription en Nationale 1 (reprise le 18 septembre) ou saisir le tribunal administratif dans un dernier élan. De quoi repousser un peu plus l'épilogue du feuilleton, grand rival des Girondins pour le meilleur thriller sportif de l'été. « Si des mesures de contrôle supplémentaires devaient être considérées comme nécessaire, le club est disposé à ce que son engagement soit assorti de mécanismes appropriés de suivi financier », insiste encore la Roca Team, après la fin de l'ère Alexey Fedorychev, le milliardaire russo-hongrois, mécène de 2022 à 2026.
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Ses difficultés financières avaient lancé l'engrenage infernal entre impayés, menace de grève des joueurs en février et dettes colossales (20 millions d'euros envers la Société nationale de financement dont le prêt avait permis de finir la saison). « Je n'en sais pas plus que vous. Un coup c'est oui, un coup c'est non. Je souhaite à Monaco que ce soit oui, pour que je puisse retourner les voir jouer », glissait Matthew Strazel, meneur des Bleus et ex-joueur de la Roca Team, le 16 août à Orléans. Mais après deux mois de feuilleton et une étape CNOSF qui n'a servi à rien sur le fond, le temps presse.
En ballottage tout l'été, Saint-Quentin est en pole-position pour être engagé en Betclic Élite à la place de la Roca Team (voir ci-contre). Et l'Asvel de Tony Parker devrait remplacer Monaco en Supercoupe à Roland-Garros, les 19 et 20 septembre. Un quart de siècle après Limoges, auteur d'un fabuleux triplé mais rétrogradé en Pro B pour raisons financières, un autre champion de France pourrait bien perdre sa couronne par K.-O. administratif.
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