
-By Dorine Besson

Alors que le Match des championnes réunit Bourges et Basket Landes ce dimanche à Roland Garros (14 h), la Boulangère Wonderligue a annoncé la tenue d'assises du basket féminin en novembre. Pour trouver des solutions face à la fuite des internationales et rester attractif.
Landaises et Berruyères ont découvert avec « des étoiles dans les yeux » l'écrin de Roland-Garros, terrain de jeu du « Match des championnes » en ouverture de la saison. Quatre mois après sa deuxième couronne nationale de suite, Basket Landes défie de nouveau Bourges ce dimanche (14 h), sans son phare des deux dernières saisons, Leïla Lacan, meneuse de Connecticut en WNBA, engagée avec Fenerbahçe en Turquie et la ligue privée Project B. Comme d'autres avant elle, la jeune internationale (22 ans) a cédé aux sirènes de l'étranger. C'est l'enjeu majeur de la Boulangère Wonderligue : comment rester attractif sans stars bleues ?
À Roland-Garros, il n'y a aucune vice-championne du monde. Pendant la saison, seule Romane Bernies, discrète douzième joueuse à Berlin, foulera les parquets français avec Lattes-Montpellier. Le fruit de plusieurs années de départs vers les clubs turcs, les écuries d'Euroligue ou l'attrayante WNBA. En 2024, parmi les vice-championnes olympiques, six évoluaient en France. Et parmi les médaillées de bronze des JO 2021, elles étaient dix. Une évolution « dramatique », soufflent certains observateurs.
Les clubs de LFB ne font pas le poids non plus face à la vague NCAA et ses contrats mirobolants offerts aux jeunes Françaises. Samedi, Carole Force, la présidente de la Ligue, a annoncé la tenue, du 13 au 15 novembre, à Paris, d'« assises du basket féminin français » afin « d'avoir une réflexion d'ensemble ». Le rendez-vous se basera notamment sur une étude économique réalisée par le Centre de droit et d'économie du sport (CDES), une première pour une division féminine en France (qui pèse 35 millions d'euros).
Pour les clubs, il y a urgence. Agnès St-Gès, présidente de Bourges, espère « une refonte globale » de l'écosystème. « On ne peut pas rester sur un schéma qui, on l'a vu sur les dernières années, met en péril des clubs », pointe-t-elle, en référence notamment aux galères financières de Roche-Vendée (qui a frôlé le dépôt de bilan) ou Tarbes (placé en liquidation judiciaire début 2026).
Le TBB a justement construit son palmarès XXL au fil de plusieurs générations d'internationales, d'Isabelle Fijalkowski à Céline Dumerc, et doit désormais faire sans. L'an dernier, Bourges a subi le départ (à 18 ans) de la prometteuse Alicia Tournebize à mi-saison vers la NCAA. « À nous de nous adapter, pointe St-Gès. Ce n'est plus le Bourges qu'on a pu connaître, avec des joueuses qui restaient six, sept ou huit ans. Il faut accepter que nos jeunes partent. Mais ce qu'on demande, c'est d'avoir un retour d'investissement. Et pour ça, on a besoin de la Fédération. »
Les clubs rêvent de recevoir un pourcentage d'un contrat signé avec la NCAA. Une vision chimérique tant les puissantes entités américaines règnent en maître ? L'instauration d'un buy-out (un rachat de contrat) ou l'inscription dans le contrat de l'obligation de rester dans son club formateur un ou deux ans sont des « pistes envisagées », selon Force.
Pour la coach landaise Julie Barennes, la Ligue a besoin d'« adaptabilité dans le calendrier et le fonctionnement » et d'« ouverture d'esprit » face aux questionnements actuels (le retour ou non de la Russie, la pérennité des ligues privées américaines, la refonte des calendriers FIBA...). Une des pistes : continuer à miser sur les talents internationaux méconnus. Comme la Portoricaine Trinity San Antonio, recrue landaise, qui a fait forte impression à la Coupe du monde. « Ils ont plié le game avec le nouvel accord en WNBA, mais tout le monde ne peut pas y jouer, et certaines reviendront », rappelle Barennes.
La Boulangère Wonderligue veut aussi continuer de miser sur « la médiatisation, la participation à des Coupes d'Europe, le développement sur les réseaux sociaux », liste Carole Force. Et son ancrage local fort, comme à Basket Landes, qui sort de la meilleure saison de son histoire (Final Six d'Euroligue, Championnat et Coupe de France). « Le club grandit petit à petit et ne brûle pas les étapes, confirme Camille Droguet, capitaine des Landaises. On sent qu'il y a de plus en plus d'engouement. » La preuve : le chaudron landais a gagné 600 places à l'intersaison. Un gage de stabilité dans un écosystème fragile.
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