
-By Sami Sadik

L'été surréaliste de l'AS Monaco s'est poursuivi entre deux univers mercredi. Sur le Rocher, l'équipe conduite par Sergii Gladyr, successeur de Vassilis Spanoulis en fin de saison dernière et confirmé à son poste, est à l'entraînement dans son antre de Gaston-Médecin. Mais son avenir s'est joué à plusieurs centaines de kilomètres au nord, dans le XIIIe arrondissement parisien. L'avocat du club, Xavier Le Cerf Galle, et le directeur sportif Oleksiy Yefimov, étaient reçus par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) pour une audition de la dernière ou avant-dernière chance.
À partir de 14 heures, le duo a défendu le dossier monégasque, recalé de la Nationale 1 alors qu'il espérait y trouver refuge après son exclusion du monde professionnel. Une audition tendue face à l'avocat de la Fédération, défendant la décision prise samedi dernier. « Nous avons répondu à toutes les questions et apporté toutes les réponses appropriées à tous les doutes qui furent mentionnés dans la décision du bureau fédéral (de samedi), pièces comptables et attestation du comité aux comptes à l'appui », assure Me Le Cerf.
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Le week-end dernier, ce coup de tampon manquant du commissaire aux comptes avait précipité le verdict négatif de la FFBB. «Nous avons autorisé des délais supplémentaires. Mais au moment où le Bureau s'est réuni, Monaco n'avait pas produit les garanties demandées à tous les clubs de N1 », disait le président de la FFBB Jean-Pierre Hunckler, samedi.
Le CNOSF peut proposer à la FFBB de revoir sa décision
Un nouveau séisme dans le basket français, vu par plusieurs voix comme une décision politique pour solder le dossier monégasque après des mois de polémique. Le club du Rocher attend l'avis du CNOSF ce jeudi matin, alors que chaque minute compte puisque la Nationale 1 reprend ce vendredi. Mais le Comité n'est qu'un conciliateur dans ce dossier et pourra simplement proposer à la FFBB de revoir sa décision, laissant l'instance fédérale maîtresse du verdict final.
Sur le site officiel de la Nationale 1, Fos-sur-Mer - pourtant engagé en Élite 2 après le repêchage de Saint-Quentin en Betclic Élite - apparaît encore comme l'hôte de Berck-sur-Mer vendredi (18 heures). Une place que convoite Monaco, qui a même proposé mercredi de payer le voyage express aux Nordistes en cas de feu vert pour la N1. « Je reste persuadé que la situation totalement assainie du club, son nouveau projet et l'intérêt supérieur du basket français primeront, et que la FFBB accueillera équitablement avec bonheur l'ASM en N1 », a prêché Me Le Cerf, dans une ultime plaidoirie.
Neuf joueurs à l'entraînement
Sur le plan sportif, le champion de France en titre se dit prêt à jouer dès vendredi. Neuf joueurs sont à l'entraînement, dont l'ancien international Axel Toupane (34 ans, 29 sélections), médaillé de bronze mondial en 2019 avec les Bleus. L'intérieur surinamais, Gavin Kensmil (17,2 d'évaluation avec Rouen la saison passée en Élite 2), est arrivé sur le Rocher. Des espoirs tels Kylian Michée, aperçu en Betclic Élite en fin de saison dernière, complètent le tableau. Les joueurs et le staff sauront vite s'ils s'entraînent en vain.
En cas d'avis défavorable du CNOSF ce jeudi matin, l'issue la plus probable mènera Monaco à la liquidation judiciaire. Oubliés les investissements du nouvel homme fort Thomas Kurk, de la holding Swiss Montana, le basket sur le Rocher ne serait plus représenté que par l'association, engagée en Nationale 3, soit la cinquième division. Une disparition brutale et inédite après avoir raflé les quatre titres nationaux la saison passée.
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