
-By David Loriot

Il a déjà pansé les plaies de l'été. Ce vendredi, lors de la conférence de presse de rentrée, Tony Parker avait la mine sereine. « Par rapport à ce qu'il s'est passé (*), on a bien su rebondir, construire une équipe cohérente, compétitive en Euroligue et en Betclic. Le groupe vit bien, travaille dur, l'état d'esprit est impressionnant », posait le patron comme préambule, avant de diriger ce vendredi soir à Roanne son premier match à la tête de l'Asvel, en amical face à l'Élan Pau-Lacq-Orthez.
Ce n'est pas un mystère : l'Asvel de TP, actionnaire majoritaire du vaisseau depuis 2014, est en pleine mutation. En coulisses, on négocie avec la famille Buss dans l'optique d'un rachat qui ferait passer la Vieille Dame du Rhône dans une autre dimension à l'aube de la NBA Europe. « Le plus important pour moi, c'est qu'on soit là les 15-20 prochaines années », affiche Parker.
(*) La Direction nationale du conseil et du contrôle de gestion (DNCCG) a contraint l'Asvel à revoir son budget à la baisse (de 59 à 24 M€).
En attendant, il faut faire briller la vitrine. Et fissa. « En Betclic, on veut jouer le titre. Ça fait longtemps que l'Asvel n'a pas gagné de trophées », assène le quadruple champion NBA. Derrière cet été de « déconstruction-reconstruction », Villeurbanne part de loin. Lors du premier match amical à Saint-Chamond la semaine passée, coaché par Vincent Collet, ils n'étaient que trois joueurs pros. Ce vendredi soir, sur la feuille, un seul intérieur aguerri valide était recensé : Joel Bolomboy. Et Jae Crowder et Tyty Washington n'arrivent à Lyon que ce week-end. TP devra donc patienter jusqu'à... mercredi prochain pour mener son premier entraînement au complet.
Vincent Collet, coordinateur offensif de l'Asvel
« La première chose qui m'a convaincu, c'est l'envie de retrouver le terrain sur un projet qui soit excitant. C'est une opportunité aussi d'être dans la transmission, aussi bien avec Tony qu'avec l'ensemble du staff »
Ce vendredi, pourtant, il y avait du monde dans le rond central pour écouter le brief en anglais de lancement de séance de Parker : 31 personnes exactement, entre joueurs pros, jeunots et membres du staff ! Même Collet, débarqué cet été au soutien de Parker dans un rôle officiel de coordinateur offensif qui ne dit sans doute pas tout de son influence réelle, n'avait jamais vu cela. « Rien que de dire bonjour, tu as déjà fait un échauffement », glissait-il dans une boutade, avant de s'animer à l'idée de vivre pareille aventure.
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« La première chose qui m'a convaincu, c'est l'envie de retrouver le terrain sur un projet qui soit excitant. C'est une opportunité aussi d'être dans la transmission, aussi bien avec Tony qu'avec l'ensemble du staff. » Sans se sentir trop à l'étroit dans le costume. « Clairement, je suis en deuxième ligne, Tony en première. La seule chose qui m'importe, c'est d'avoir un vrai rôle, pouvoir aider avec mes qualités. C'est très clair dans ma tête. Il n'y a pas de quelconque frustration », assure l'ancien sélectionneur des Bleus (2009-2024).
Hugo Besson, arrière de l'Asvel
« En Championnat de France, l'objectif est de tout gagner ! On a l'effectif pour »
Patty Mills aussi semblait bien, enquillant les tirs primés sur les planches en fin de session. Les sept années de vie commune aux Spurs avec Parker peuvent nourrir de belles choses à l'ASVEL, l'Australien de 38 ans en est persuadé. « Nous partageons la même vision du jeu, comment construire une culture, comment bâtir de fortes fondations pour le succès du club. J'ai hâte de vivre ça ici ». De retour en France après deux exercices en Turquie, Hugo Besson, l'ancien des Metropolitans, avait lui aussi la victoire au bout des mots. « En Championnat de France, l'objectif est de tout gagner ! On a l'effectif pour. »
À deux semaines de croiser son frère TJ en Supercoupe, dans un premier match officiel comme un émouvant clin d'oeil au destin, Tony Parker est encore loin d'avoir assemblé toutes les pièces du puzzle.
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