
-By Dorine Besson

Face à l'exode de joueuses internationales, la Boulangère Wonderligue, qui débute samedi, pourra compter sur une génération qui a tout gagné chez les Bleuettes, emmenée par Sarah Cissé (Lattes-Montpellier), Inès Pitarch-Granel (Bourges) ou Aïnhoa Risacher (Asvel).
D'entrée, elle a marqué les esprits. Dans l'écrin de Roland-Garros, Inès Pitarch-Granel s'est offert une sortie remarquée pour l'ouverture de la saison il y a une semaine. Lors du Match des championnes perdu contre Basket Landes, double champion de France en titre (53-66), l'ailière de 20 ans, efficace, a terminé meilleure marqueuse berruyère (14 points, à 5/6 à 2 points) et meilleure évaluation (13).
« Je me sens en forme, sourit celle qui vit sa troisième saison sous le maillot tango, après avoir été formée au pôle France. Je vais avoir un rôle un peu plus important cette saison. C'est l'objectif, de prendre un peu plus de place dans l'équipe. On en a discuté avec le coach (Olivier Lafargue) et le staff. Après, à moi de le montrer sur le terrain, jouer juste pour avoir du temps de jeu. »
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Pitarch-Granel fait partie de cette nouvelle génération dorée du basket français, les 2006-2007 championnes d'Europe U16 en 2022 puis U18 en 2024 et enfin chez les U20 cet été. Sarah Cissé (Lattes-Montpellier) et Stella Colas (Villeneuve-d'Ascq), ainsi que Téa Cléante (NCAA, Kansas State), ont même écrit l'histoire avec les Bleuettes en étant les seules à enchaîner les trois titres européens jeunes. Avec Aïnhoa Risacher (Asvel), le quatuor le plus utilisé à l'Euro a plus que jamais l'occasion de se montrer en Boulangère Wonderligue.
Des jeunes déjà convoitées à l'étranger
Le Championnat subit de plein fouet l'exode des internationales outre-Atlantique - en WNBA et en NCAA - ou vers les grosses écuries européennes. La MVP en titre, l'ex-Landaise Leïla Lacan (22 ans) a terminé sa saison avec le Connecticut Sun (WNBA) et doit rejoindre le champion d'Europe Fenerbahçe. La vice-championne olympique 2024 Alexia Chery est partie à Venise. La Wonderligue cherche désespérément de nouveaux visages et mise sur ses jeunes.
« Cette génération a une vraie carte à jouer, confirme Xavier Noguera, entraîneur de Toulouse et sélectionneur des U20 cet été, bluffé par la "maturité" du groupe. Vu le nombre de joueuses parties à l'étranger, certaines pourront avoir des rôles importants, avec des responsabilités, sûrement plus que par le passé, car ça laisse de la place. Après, à elles de s'imposer dans leurs équipes, le terrain parlera. »
Surtout qu'elles aussi sont attirées par les sirènes de l'étranger. Pitarch-Granel a été draftée par le Phoenix Mercury en avril (en 27e position) et certaines de ses coéquipières en bleu pourraient la suivre. Alors autant surfer sur leur titre européen U20 glané moins de deux mois plus tôt. « Ça apporte de la confiance, confirme la Berruyère, nommée dans le 5 majeur de l'Euro (13,5 points en moyenne). On a montré sur plusieurs étés que notre génération est talentueuse. Mais réitérer des performances régulières en Championnat et sur toute la saison, c'est autre chose. »
Cissé attendue à la draft
L'une des plus scrutées sera sûrement Cissé, MVP de l'Euro U20 (15,4 points, 10 rebonds). La pivot de 19 ans, attendue à la draft WNBA 2027 (comme Risacher), vit sa deuxième saison avec Montpellier (8,6 points, 5 rebonds pour 10,7 d'évaluation en 20 minutes la saison dernière), qui avait réussi son projet jeune la saison passée en envoyant Nell Angloma en WNBA (12e choix). Débarquée à Villeneuve-d'Ascq cet été, la polyvalente meneuse Colas (19 ans) a aussi l'occasion de passer un cap dans le Nord après deux campagnes remarquées à Chartres et Charnay.
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Preuve de l'intérêt des scouts internationaux : il y a un an et demi, Cissé a été invitée, avec Risacher (19 ans), au référencé Hoop Summit de Portland (Oregon, États-Unis), rendez-vous opposant les meilleurs talents américains et internationaux de 18 ans et moins. « Sarah a déjà fait une saison prometteuse l'an dernier, le potentiel est là, et elle progresse d'année en année, confirme sa coéquipière au BLMA Garance Rabot. En plus, elle sort de l'Euro U20 avec de la confiance, on l'a ressenti de suite à son retour. »
En août, l'intérieure a même participé au début de la préparation de l'équipe de France A pour la Coupe du monde. « À l'entraînement, elle est parfois un peu chambreuse, elle regarde un peu trop la WNBA ou la NBA, blague Rabot, qui loue ses "facilités athlétiques et sa polyvalence". Mais on sent qu'elle sait où elle veut aller. Il faut qu'elle reste focus sur ses objectifs. » Parmi eux : prendre plus de lumière en Championnat.