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-By David Loriot

C'est une histoire dont on ne connaît rien à ce jour. L'Asvel de Tony Parker reçoit jeudi (20 h 45) le Maccabi Tel-Aviv en ouverture d'une saison européenne qui convoque tout à la fois, les récurrentes craintes, au regard des sombres dernières années villeurbannaises sur le front européen, et l'excitation légitime de la nouveauté. Personne ne sait où va l'ASVEL.
Elle ne ressemble pas à grand monde dans le concert de l'Euroligue. Quand d'autres bâtissent pierre par pierre, comme Valence et Kaunas, ou à coups de millions trébuchants comme le Panathinaïkos et Olympiakos, le club du président-coach, Tony Parker, fait dans l'express et a vécu un été chahuté, contraint et forcé.
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Sommé fin juillet par la DNCCG de revoir ses comptes et d'abaisser drastiquement son budget rêvé de 59 millions d'euros à 24 millions, ce qui le place dans les premiers barreaux de l'échelle sur le champ continental, le club rhodanien a dû se retourner fissa pour tenter de construire un effectif compétitif et équilibrer au mieux des finances et des disponibilités restantes sur le marché.
Un secteur intérieur en manque de taille
À l'arrivée, comme l'estime son nouvel entraîneur, « on s'en est plutôt bien sortis ». Ce ne fut pas sans peine ni raillerie évidemment. Il a fallu décrocher le fantasme accroché trop tôt au lustre, effacer les jolis noms sur le tableau (Sylvain Francisco, Daniel Theis, Armoni Brooks, Nick Weiler-Babb) et repenser l'équipe dans son intégralité ou presque.
Avec 12 nouveaux joueurs, dont trois seulement émargent déjà en Euroligue (Joel Bolomboy, Nate Sestina et Myles Cale), l'Asvel devra creuser son sillon. Certes, Patty Mills, même à 38 ans, est une caution forte pour TP, en termes de leadership sur et hors du terrain. Avec 927 matches en NBA, Jae Crowder en a vu beaucoup et le talent offensif de Tremont Waters a déjà été entrevu à Levallois-Paris en 2022-2023.
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Malgré cela, l'ASVEL ne dispose d'aucune garantie pour viser le play-in, la première bouée vers laquelle elle veut tendre. Son secteur intérieur manque singulièrement de centimètres et sans doute d'un peu de verticalité, avec le seul Bodian Massa à 2,10 m. Quant au « backcourt », entre Mills, Waters et Tyty Washington, les profils présentent tout de même des caractéristiques communes.
Un staff pléthorique de 21 personnes
À cela, l'historique des quatre dernières saisons prête peu à l'optimisme, avec 38 succès en 140 rencontres (27 % de victoires) et une dernière place deux fois sur quatre ! « Tout ça me motive pour donner le meilleur et mes coéquipiers auront la meilleure version de moi-même, assure Crowder. Je veux que nous retournions cette situation. C'est un challenge. »
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Une autre interrogation majeure demeure : comment Tony Parker va-t-il se situer face au gratin du coaching européen ? Le quadruple champion NBA a nourri depuis plus d'un an ce désir de retrouver le terrain, le bord de touche et l'adrénaline. Il a potassé et pioché dans les livres de ses mentors, Gregg Popovich et Vincent Collet, qu'il a rallié à sa cause dans un costume un chouïa étriqué de coordinateur offensif, au milieu d'un staff technique pléthorique de 21 personnes, dont 13 en contact direct avec l'équipe professionnelle.
Tony Parker, entraîneur de l'Asvel
« Je suis plus motivé que jamais »
Il sait que sa posture et ses choix de jeu vont être scrutés. « Je suis plus motivé que jamais, rétorque-t-il. On laisse les gens parler pour l'instant et on verra à la fin de la saison. » Parker part sous pression et de loin. Ses premiers pas n'ont pas pavé le chemin de gloire, que ce fut avec les U17 en Turquie (5e place au Mondial) ou avec l'Asvel, qu'il n'a pas encore menée au succès en cinq rencontres dont quatre parties amicales.
En retard flagrant de préparation et en manque de repères collectifs, avec cinq éléments absents à la Supercoupe (Dossou-Yovo, Cale, Sestina, Lighty, Gach) et un jeu sur demi-terrain très approximatif encore (25 balles perdues face à Roanne en demi-finales), l'Asvel est loin du compte et elle n'aura désormais plus beaucoup de temps pour travailler. Jeudi, c'est le Maccabi Tel-Aviv de Daniel Theis qui s'annonce. L'Asvel de Parker entre dans le tambour.
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