
-By David Loriot

Le champion d'Europe en titre, Fenerbahçe, ne défendra pas son titre dimanche, chassé brutalement du Final Four vendredi en demi-finales par la meilleure équipe de la saison régulière, Olympiakos (79-61). Auteur d'une prestation défensive monumentale, l'équipe grecque retrouve la finale de la compétition continentale suprême, trois ans après une défaite cruelle, signée Sergio Llull sur le gong, face au Real Madrid (79-78) en 2023.
Double vainqueur de l'épreuve (2016, 2019), Nando De Colo (38 ans), qui mettra un terme à sa carrière à l'issue de cette saison, ne disputera donc pas de troisième finale d'Euroligue. Le clap de fin est forcément un peu rude pour le deuxième meilleur marqueur de l'histoire de l'Euroligue. À l'inverse, Evan Fournier (10 pts à 3/11 au tir, 4 rbds, 4 passes), auteur du dernier panier du match à dix mètres de la cible, briguera dimanche un premier sacre en Euroligue.
lire aussi
De Colo, dernière danse d'une légende
Pourtant, ces deux étoiles ont eu bien du mal à briller dans une demi-finale toute en crispation d'entrée de jeu. Avec deux blocs défensifs ultra-compacts et réactifs dans la lecture de jeu, Olympiakos et Fenerbahçe ne parvenaient, ni l'un ni l'autre, à poser les bases de leur jeu offensif. Avec cinq tirs cumulés (cinq échecs) pris derrière l'arc sur les trois premières minutes, l'impuissance était assez flagrante. Pourtant, ces mastodontes connaissaient la chanson. Olympiakos enchaînait une cinquième venue d'affilée au Final Four, tandis que le « Fener » portait encore la couronne de lauriers sur la tête.
Il fallait qu'un homme prenne les rênes. Ce fut Tyler Dorsey (11 pts dans le premier quart-temps) pour les Grecs. Dans le sillage de son féroce arrière américain, Olympiakos, poussé par l'OAKA, antre du Panathinaïkos pour une fois acquis à « l'ennemi », se décoinçait d'un coup. C'était brutal pour le champion en titre qui suait toujours autant, présentant un piteux 0/6 aux tirs et 4 balles perdues à mi quart-temps. Il fallait alors l'entrée de Nando De Colo (6 pts à 2/4 au tir, 1 rbd, 1 passe au final) pour remettre le collectif turc à l'endroit. Une passe décisive pour un premier panier de Khem Birch après sept minutes de vide, puis un primé dans la foulée : Fenerbahçe ouvrait enfin la porte.
Mais la troupe de Sarunas Jasikevicius était sur un fil et replongeait dans l'errance offensive (33,8 % d'adresse au final, dont 8/36 à 3 pts) d'entrée de deuxième quart, chassée, repoussée par une défense hellène agressive et impactante. Un 11-0 plus tard et le « Fener » était loin à nouveau (29-12, 15e). De l'autre côté, Dorsey (15 pts) et Fournier jouaient les intervalles, Alec Peters (17 pts à 7/7 au tir) récitait, de face comme en post-up. Les Turcs, eux, identifiaient enfin un peu les manques, mettant plus de rythme, de circulation dans les mouvements offensifs pour terminer la mi-temps sur un basket bien plus fidèle à leur ADN et sous la barre des dix points (33-24).
lire aussi
Fenerbahçe en lutte, Olympiakos en contrôle
Mais encore une fois, l'effort stambouliote était gâché par une troisième entame de quart-temps manqué : un 11-0 sous les sabots de Dorsey et Olympiakos reprenait ses aises (44-24, 23e). Le coach grec, Georgios Bartzokas, demandait à ses troupes de rester calmes. Fenerbahçe, lui, demeurait en lutte collectivement, même si De Colo, une fois de plus, puis Tarik Biberovic (17 pts) en suivant offraient quelques souffles de vie au tenant du titre.
Mais Olympiakos ne flanchait pas. Evan Fournier inscrivait son premier panier du match puis trouvait Vezenkov dans le corner pour six points comme un coup de lame qui laissait Olympiakos en contrôle à la fin du troisième acte (56-41).
lire aussi
À quelle heure et sur quelle chaîne voir le Final Four ?
Pourtant, rien n'était encore écrit. Pour la première fois de la demi-finale, Fenerbahçe croquait dans l'entame du dernier quart-temps. Deux foucades de Biberovic, une relance de Talen Horton Tucker (16 pts, 7 rbds) et les Turcs passaient un 8-0 en 1'30 pour sérieusement raccourcir la distance (56-49).
Mais Olympiakos compte dans ses rangs un « serial french killer » en quête d'un premier sacre européen. Dans la fournaise, Evan Fournier envoyait une ogive pleine cible à 9 m, puis trouvait un peu plus tard Alec Peters sur une parfaite ressortie de balle pour repousser l'assaillant (66-52, 34e). L'histoire, cette fois, était dite. Nikola Milutinov (13 rbds) gardait les cercles comme un temple. Nando de Colo, lui, voyait lentement le sablier se vider. Dimanche, c'est son pote des Bleus, Evan Fournier, qui visera le sacre.