
Arrivé en France en 2009, Mykal Riley s'est imposé comme l'un des Américains les plus marquants du basket français des années 2010. Passé par Nanterre, avec qui il a remporté la Pro B en 2011 puis deux titres européens (EuroChallenge 2015, FIBA Europe Cup 2017) et la Coupe de France 2017, il a ensuite décroché le Graal national avec Le Mans en 2018. Double All-Star, tireur redouté et joueur respecté, il fait partie de ces profils qui ont durablement marqué la LNB.
Mais près de vingt ans après ses débuts professionnels, Riley est toujours là. Désormais loin de la Betclic ELITE, il évolue à Vesoul, au niveau régional, avec une motivation intacte :« J'ai toujours dit que je jouerais jusqu'à ce que je ne puisse plus jouer. Et le jour où je ne prendrai plus de plaisir, j'arrêterai. Mais je prends toujours du plaisir, donc on verra. »
Une longévité guidée par l'amour du jeu
À 40 ans, sa longévité impressionne autant qu’elle interroge. Pour lui, la réponse est simple :« Je pense que c’est simplement l’amour du jeu. »Une passion qui ne l’a jamais quitté, même après une carrière déjà bien remplie.
S'il s'imaginait encore en France à cet âge, il avait cependant une autre image en tête :« Oui, je m’imaginais encore jouer en France à ce stade, mais plutôt dans le Sud, quelque part sur une plage. »Finalement, c’est à Besançon qu’il a construit sa vie personnelle :« Je vis à Besançon avec ma compagne et ma fille, qui vient tout juste d’avoir un an. »
Son attachement à la France remonte à ses débuts à Nanterre, une période fondatrice.« Je pense que cela a beaucoup à voir avec mes premières années à Nanterre, près de Paris. Je suis tombé amoureux de Paris dès mon arrivée, et la suite appartient à l’histoire. »
Vesoul, ou le choix du cœur et de la continuité
Après ses dernières saisons en Nationale 1, Mykal Riley savait que sa carrière professionnelle touchait à sa fin. Peu de clubs sont prêts à miser sur un joueur étranger de 40 ans.« Pour être honnête, je savais qu’après ma dernière saison à Besançon, j’allais probablement arrêter le monde pro à cause de mon âge. Personne ne veut utiliser une place d’étranger pour un joueur de 40 ans. »
Son arrivée à Vesoul s'inscrit donc dans une logique de transition, mais aussi d'opportunité :« Jouer à Vesoul, c'était une façon de rester actif dans le basket, et cela s'est transformé en quelque chose de bien plus important que ce que j'imaginais. Et c'est une très bonne chose. »
Un choix également influencé par Nicolas Faure, qu'il connaît bien :« C’était très important. Nico était directeur sportif à Besançon lors de ma dernière saison et il m’a proposé de venir jouer à Vesoul. J’ai accepté. »
Transmettre et continuer à jouer sérieusement
À Vesoul, Riley a trouvé un nouveau rôle, entre compétiteur et mentor :« Mon objectif individuel, c’est d’aider les jeunes en partageant mon expérience. Et collectivement, c’était de monter en Nationale 3. »
Malgré le changement de niveau, son exigence reste la même :« Non, pas vraiment. J’aborde le basket de la même manière parce que j’ai trop de respect pour ce sport. »
Parallèlement, il s'engage également en dehors des terrains, notamment auprès des jeunes avec l'association SLAM Elite :« Je fais partie d'une association appelée SLAM Elite. Nous organisons des camps d'été et pendant les vacances scolaires pour des jeunes de tous âges. J'essaie de partager mon expérience et ma connaissance du jeu avec eux. J'adore ça. »
Le titre avec Le Mans, point culminant d'une carrière riche
Parmi ses nombreux souvenirs, un reste particulièrement marquant : le titre de champion de France remporté avec Le Mans en 2018.« Il y a le titre bien sûr, mais celui qui ressort le plus, c’est celui remporté avec Le Mans. À ce moment-là, j’avais presque tout gagné sauf le championnat de France. »
Fidèle à son esprit d'équipe, il refuse de mettre en avant un coéquipier plutôt qu'un autre :« Tous mes coéquipiers étaient géniaux. Je ne peux pas en choisir un ou deux, ce ne serait pas juste. »
On the other hand, he highlights the impact of two major coaches in his career:« Pascal Donnadieu m’a lancé en France. J’étais jeune et un peu fou, mais il m’a mis sur le bon chemin. Et puis il y a Jean-Louis Borg qui m’a responsabilisé et poussé à devenir bien meilleur que ce que je pensais. Ce sont eux qui ont eu le plus d’impact sur ma carrière. »
Un regard admiratif sur les anciens combattants… et sur lui-même
Toujours attentif au basket actuel, il apprécie de voir d’autres joueurs durer dans le temps, comme David Holston, joueur américain de 40 ans comme lui :« C'est toujours bien de voir des anciens montrer aux jeunes qu'ils peuvent encore rivaliser. Ça a toujours été un joueur incroyable à voir et à affronter. J'ai beaucoup de respect pour lui. »
Quant à lui, il continue simplement à suivre sa ligne de conduite : jouer tant que le plaisir est là.
Après plus de quinze ans en France, Mykal Riley est également devenu un joueur parfaitement intégré :« Oui, je parle bien français maintenant. Pas totalement français, mais à moitié peut-être. »
Des sommets de la LNB aux parquets plus discrets de Vesoul, Mykal Riley incarne ainsi une trajectoire rare : celle d’un joueur étranger devenu, avec le temps, une véritable figure du basket français, toujours guidé par la même passion du jeu.