
-By Sami Sadik

Sacré meilleur jeune de Betclic Élite en 2025-2026 à 17 ans, Hugo Yimga Moukouri se fixe de grands objectifs pour sa deuxième saison en Championnat. L'ailier a côtoyé Victor Wembanyama et les Spurs cet été, en route vers la draft NBA 2027 où il est très attendu.
Au milieu des joueurs déambulant à Roland-Garros, son emploi du temps était parmi les plus chargés. Tout frais bachelier et majeur (18 ans), Hugo Yimga Moukouri est l'une des têtes d'affiche du Championnat cette saison, et de la Supercoupe (demi-finale Nanterre-Paris), amuse-bouche inaugural samedi sur le court Philippe-Chatrier. L'ailier (2,04 m) lance une saison ambitieuse qui doit le propulser vers la draft NBA 2027. Cet été, puis vendredi, le médaillé de bronze de l'Euro U18 s'était projeté sur cette année charnière.
« La France a connu deux numéros 1 de draft (Victor Wembanyama en 2023 puis Zaccharie Risacher en 2024). Être drafté dans les tout premiers choix en 2027, est-ce un rêve ?
Ce n'est même pas un rêve, mais un objectif. Je le dit tous les jours depuis que je travaille, j'ai toujours ça en tête. Que ce soit quand j'ai eu 10 ans, 14 ans. Je sais qu'il ne faudra pas trop y penser, les objectifs du club vont arriver et pour l'instant, ils sont plus importants. Forcément, en tant que grand compétiteur, mon rêve est d'arriver au top.
Vous avez été élu meilleur jeune pour votre découverte du Championnat. Pour la deuxième année est-ce l'heure de dominer ?
Oui, dans le projet, c'était assez évident que la deuxième année, c'était pour dominer. Je dois faire plus parce que je connais la Ligue maintenant, je sais comment ça siffle, comment les gens jouent. Il y a un gros cap à passer de ce côté-là pour plus dominer que pendant mon année rookie. Mais avant de penser à ça, le plus important c'est de ne pas se perdre dans mon projet individuel. Il y a un projet collectif avant tout. S'il n'était pas aussi beau l'an passé avec Nanterre, peut-être qu'individuellement ça n'aurait pas été pareil. Ça m'a confirmé que c'est un très bon projet pour aller en NBA.
Avez-vous dépassé vos attentes en 2025-2026 avec Nanterre ?
Dans ma tête, certainement, j'aurais pu faire mieux, j'aurais pu faire plus, mais je suis satisfait. Avant, je me posais beaucoup de questions jusqu'à oublier que le basket, c'est un jeu finalement. J'ai beaucoup travaillé avec mon préparateur mental, pour comprendre que le basket, c'est le meilleur moment de la journée. Ce dont je suis le plus satisfait, c'est ce côté relâché que je n'avais pas forcément les années précédentes. J'étais dur avec moi-même, vraiment dur, à me parler tout seul. Mais à 17 ans, je ne me connaissais pas encore totalement.
La draft est dans un an. Qui regardez-vous en NBA pour vous inspirer ?
J'ai craqué quand j'ai eu mon salaire, j'ai pris le League Pass NBA (sourire). J'en mange tous les jours. Je regardais beaucoup Dallas pour Cooper Flagg, le rookie de l'année, je trouve son jeu très intéressant et inspirant pour moi. Je regardais Detroit pour Cade Cunningham, son aisance dans le jeu, sa manière de gérer le tempo, son aisance dans les un-contre-un. Et j'ai beaucoup regardé les Lakers l'an passé pour LeBron James, mon joueur préféré. Sans oublier Chicago, mon équipe de coeur.
Vous avez passé un moment avec des joueurs des San Antonio Spurs cet été...
Après l'équipe de France U18 (médaille de bronze), mon agent m'a proposé de participer aux séances avec les Spurs à Nanterre. J'étais K.-O. mais j'y suis allé, c'était une super expérience. Individuellement, tu te rends compte qu'ils sont clairement au-dessus. C'est un kiff, un aperçu du niveau que tu veux atteindre. J'ai vu les deux meneurs de jeu (Stephon Castle et Dylan Harper), comment ils bougent, comment ils sont en contrôle de leur corps. Quand tu vois aussi Victor (Wembanyama), c'est impressionnant (sourire). Mais je n'ai pas eu le temps de me parler avec lui de mon année à venir.
Vous avez notamment progressé au tir à 3 points (40 % en Betclic Élite), une donnée cruciale avant la draft...
Si je dois parler de mon basket, c'est la plus grosse victoire depuis un an. J'étais très inconstant, j'ai regardé énormément de vidéos de gros shooteurs actuels : Klay Thompson (Miami), Tobias Harris (San Antonio)... On ne parle pas assez d'Harris, il a une mécanique propre, dans son rythme, dans ses appuis, tous ces petits détails. Et j'ai surtout travaillé sur le plan mental. Le tir, c'est plus mental qu'autre chose. Et c'est la première année que je bossais à plein temps avec un préparateur mental.
Sentez-vous déjà le compte à rebours avant la draft ?
Je ne veux pas trop me mettre de pression, c'est comme ça que ça se passera mal. Il y a une saison à accomplir en club, beaucoup de travail. Si je fais les choses dans l'ordre, ce ne sera que du plaisir. »
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