
-By Arnaud Lecomte

Côté pile, un retour préparé en Élite 2, trois ans après. Côté face, un possible repêchage de dernière minute dans l'élite et l'occasion d'effacer et de se racheter d'une année noire. Saint-Quentin (Aisne), son public brûlant, son folklore et une ville tournée autour de ses basketteurs sont suspendus aux soubresauts estivaux d'un vice-champion d'Europe 2025, auteur d'un quadruplé unique en France la saison passée, aux poches vides et à l'avenir plus qu'incertain.
En effet, vendredi dernier, à la lecture des propos de la Ligue nationale assurant que le plan de reprise de l'AS Monaco serait validé par les instances, le Saint-Quentin Basket-Ball (SQBB) n'espérait plus de miracle. Relégué en Élite 2 le 31 mai après un échec face à Poitiers lors des barrages de maintien/accession en Betclic Élite, il ferait face à son destin. Mais samedi à la mi-journée, le vent tournait avec l'appel fédéral excluant le champion de France des divisions professionnelles en 2026-2027.
Anthony Ottou, le manager général de SQBB
« Vendredi soir, l'équipe était calée pour l'Élite 2. Le lendemain, tout s'est rouvert »
Si rien n'est encore acté, en attendant la fin des recours potentiels du club de la Principauté, Saint-Quentin est d'après les textes réglementaires, en tant que 15e de l'élite, le premier repêchable. « Vendredi soir, l'équipe était calée pour l'Élite 2. Le lendemain, tout s'est rouvert. On était de toute façon en stand-by depuis le 3 juillet (date de la communication par la LNB du non-engagement de Monaco avant l'appel) et dans l'idée de recruter des joueurs capables de performer aux deux niveaux », commente Anthony Ottou, le manager général de SQBB.
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Au printemps, le club axonais tournait une page et changeait de président (Thomas Carlier) après les années Laurent Prache et de staff sportif (entraîneurs et manager) recrutant Raphaël Pascual (36 ans), coach de Berck (Nationale 1), novice à l'échelon pro. Avec un budget formaté pour l'antichambre (3 millions d'euros contre 4,1 la saison passée), SQBB rebâtissait son équipe du sol au plafond pour viser une saison de transition dans la jungle de l'Élite 2.
Un repêchage sous forme de cadeau empoisonné ?
Alors, l'éventuel repêchage, conditionné à un nouvel examen budgétaire devant le « gendarme financier » de la LNB, pourrait bien être un cadeau empoisonné car il ne modifierait qu'à la marge les moyens du club qui espère juste gratter quelques centaines de milliers d'euros supplémentaires de fonds publics (municipalité, région).
« On ne peut pas refuser un repêchage, c'est comme une seconde chance. On sait qu'on partirait avec le dossard 16 en Betclic Élite, vu nos moyens mais avec un club, un public et des joueurs revanchards, pourquoi pas ? Et ce serait bien pour les Hauts-de-France, qui ont perdu Lille et Le Portel récemment », poursuit Ottou.
Anthony Ottou, le manager général de SQBB
« On travaille toujours sur les deux scénarios »
Celui-ci a déjà recruté cinq joueurs, dont quatre formés localement (JFL), sur les dix contrats pros obligatoires d'un effectif d'élite. Une sixième signature est en approche. Resteraient quatre postes, tous potentiellement étrangers. Avec son budget serré, le repêché putatif devra aussi aligner trois coaches assistants, contre deux en Élite 2... L'assemblage est complexe. « On travaille toujours sur les deux scénarios », ajoute le manager entre deux appels téléphoniques d'agents de joueurs en attente.
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À moins de huit semaines de la reprise des Championnats pros (25-26-27 septembre), la préparation physique et basket n'attendra pas les avis du CNOSF ou du tribunal administratif. Elle est programmée pour le 10 août. Saint-Quentin sera probablement encore entre deux portes.