
-By Dorine Besson

Dans la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris, ce vendredi matin, David Kahn a fait les présentations devant journalistes et partenaires. Son nouvel entraîneur Maxime Lefèvre, 39 ans, ex-assistant coach des Minnesota Timberwolves, est décrit lors d'une conférence de presse comme « brillant et ambitieux », qui « n'a pas peur de faire des choses qui n'ont jamais été faites » par le président américain du Paris Basketball, battu en finale du Championnat de France par Monaco (3-2) un mois plus tôt.
Pour sa première expérience d'entraîneur principal, il sera assisté de l'ex-technicien de l'Asvel Pierric Poupet. Lefèvre, originaire de Lorraine et débarqué à Paris il y a quelques jours seulement, revient pour la première fois sur les parquets français après un parcours 100 % US, riche d'une expérience NBA de sept saisons passées chez les Wolves de Rudy Gobert et six en NCAA (Texas Tech).
« Comment s'est fait le lien avec David Kahn et le Paris Basketball ?
On a un ami en commun qui travaillait à Minnesota avec les Timberwolves. Je lui ai demandé il y a quelque temps où en était le poste d'entraîneur à Paris, il a fait le lien avec David (Kahn). On s'est parlé le lendemain, il m'a demandé d'envoyer une note, des idées sur pourquoi je pourrais être le coach du Paris Basketball. Je crois que ça lui a bien plu (sourire). Ça s'est passé super vite. C'était il n'y a même pas deux semaines. Revenir en Europe n'était pas prévu du tout. Mais les opportunités arrivent, il faut savoir les prendre.
« Offensivement, j'ai toujours voulu jouer vite en première intention, attaquer, mettre la défense un peu mal à l'aise dès les trois premières secondes »
Votre parcours est atypique pour un entraîneur français. De toutes vos années américaines, qu'est-ce que vous voulez garder et apporter à Paris ?
Déjà, la façon de jouer de Paris est atypique : elle est plus proche de la NBA qu'elle ne l'est de l'Europe. Donc ce n'est pas comme si j'allais révolutionner Paris. La NBA est super rapide en ce moment. On va apporter une petite touche NBA sur certaines choses. Mais l'important, c'est de continuer ce qui a été fait à Paris, car ça marche, ils l'ont bien prouvé ces dernières années.
Dans votre parcours, vous êtes connu pour être un spécialiste de la défense. Paris possède depuis plusieurs années un jeu offensif flamboyant, basé sur le jeu rapide. Comment pensez-vous conjuguer les deux ?
Pour moi, la défense est super importante, c'est la base. C'est difficile de jouer vite si tu ne défends pas. Plus on défend, plus on prend les rebonds, plus on crée des pertes de balles de l'autre équipe et donc plus c'est facile de jouer vite. Offensivement, j'ai toujours voulu jouer vite en première intention, attaquer, mettre la défense un peu mal à l'aise dès les trois premières secondes. Ce n'est jamais mon style de vouloir monter la balle doucement, avoir plein de systèmes.
Vous retrouvez-vous dans l'ADN et l'identité de jeu de Paris ?
Oui, complètement. C'est un style de jeu qui me plaît beaucoup. C'est le basket moderne, c'est la façon dont beaucoup d'équipes vont jouer dans quelques années. On est juste en avance. Jouer vite, agressif des deux côtés du terrain. J'ai toujours pensé que l'équipe la plus agressive allait gagner. Pour moi, c'est ça le basket. C'est un peu comme la boxe. Il y a deux façons de voir les choses : il y a Mike Tyson, qui est super agressif, et il y a Floyd Mayweather, plus passif. Les deux peuvent fonctionner, mais je suis plus Mike Tyson (sourire).
« Je n'ai jamais cherché la prochaine étape dans ma carrière. Jusqu'ici, ça a bien marché?. Quand j'ai commencé en NCAA, le but n'était pas d'aller en NBA »
En Summer League, vous aviez vu évoluer Nadir Hifi (à l'été 2024). Quel regard portez-vous sur lui et son évolution ?
Il était arrivé avec deux jours de retard à cause de l'équipe de France et dès le premier entraînement, c'était super fort. Il est arrivé trois heures avant à la salle, malgré le jet-lag, il a fait un gros travail. J'ai essayé de le mettre à l'aise dès le début, entre Français (sourire) et ça s'est super bien passé. On a gardé contact depuis, car je suivais l'Euroligue, Paris, je regardais beaucoup de matches. C'est un scoreur élite, mais il a fait beaucoup de progrès dans d'autres aspects de son jeu. Je pense qu'il peut encore prendre une autre envergure sur tout ce qui est playmaking.
D'anciens entraîneurs de Paris sont partis en NBA (Tiago Splitter, Tuomas Iisalo). Est-ce que vous aussi, vous aimeriez revenir en NBA un jour, en tant qu'entraîneur principal ?
Je n'ai jamais cherché la prochaine étape dans ma carrière. Jusqu'ici, ça a bien marché (sourire)?. Quand j'ai commencé en NCAA, le but n'était pas d'aller en NBA. Ça s'est présenté, j'ai pris l'opportunité. Toute ma carrière s'est un peu faite comme ça. Et puis, si c'est pour coacher vingt ans en Euroligue, ce sera coacher vingt ans en Euroligue. Si c'est coacher je ne sais pas combien de temps et repartir en NBA, ce sera comme ça. Mais je ne pense pas à ça. »
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